J’ai beaucoup grossi. Non que je sois gros. Simplement un peu enveloppé. Cela ne m’était jamais arrivé, moi qui n’ai jamais eu que ma peau sur mes os. J’ai même un petit ventre. Obscène. Je ne contrôle rien. Je loue même une voiture en permanence pour agrandir mon rayon d’action et pour être en mesure de remonter des kilos de denrées sans trop de difficultés. Je peux agir dans toute la région.
Une impulsion sauvage me saisit et les événements s’enchaînent sans que je puisse agir. Je trouve un supermarché. Ensuite la façon d’opérer varie en fonction de la taille du magasin. S’il est petit, c’est risqué. Il faut un peu de monde, mais pas trop, car je ne dois pas faire la queue en caisse. Si le risque est trop gros, j’ajoute des articles pour transformer le caddy. C’est tout un art. Un vieux type s’est manifesté une fois. J’ai pris mon air le plus digne, j’ai présenté un argumentaire des plus sérieux, avec un aplomb ahurissant, qui l’a convaincu de son erreur. Il s’est même excusé, le pauvre.
Les grands hypers rendent la tâche nettement plus facile. Quand il y a plusieurs étages, cela devient un jeu d’enfant. J’en repère un près de l’escalator, et je change directement d’étage, personne ne voit rien. Cependant, comme le risque est plus faible, c’est nettement moins excitant. Mais peu importe, finalement, le principal est de voler une vie.
Je suis :
Une ménagère hygiéniste : plus de produits ménagers que de bouffe. Je peux désormais détartrer, désincruster, désinfecter, détacher, dégraisser, déboucher, désodoriser, décaper, déshumaniser. Ah non, je savais déjà le faire avant, ça. Débile.
Une ménagère végétalienne ou alors très chaude : carottes, concombres, courgettes. On reconnaît les cochonnes.
Plusieurs ménagères dites « standard » : steak, pâtes, boîtes de conserve. Que du conditionné, emballé, prêt à être avalé. La pauvre qui n’a pas le temps de préparer elle-même les repas de ses enfants.
Une jeune maman : de la layette bleue à n’en plus savoir qu’en foutre. Des pots de bébé et du lait en poudre. Je vais me régaler ! Elle n’a même pas pensé au pinard de son petit mari. Épouse indigne.
Des fêtards : chariot remplit d’alcool et de gâteaux apéritifs. Mon pauvre foie ! Ils ne savent pas encore que picoler, ça n’a rien de drôle au fond.
Beaucoup de vieillards : ils n’achètent que des produits de vieux. Du tapioca, de la levure, des biscuits à la cuiller. Des trucs qu’on trouvait déjà il y a cinquante ans. C’est dingue, leur capacité à ne pas changer. Ils vivent au ralenti, au rythme de leurs petites habitudes. Ce qui était là hier doit encore s’y trouver aujourd’hui et demain.
Un homme, un vrai : il est venu pour dévaliser les rayons auto et bricolage. Huile de vidange, Kit d’outil, Perceuse à percussion. L’alimentaire se réduit à quelques yaourts et un pack de bière. Cette espèce se nourrit de graisse et de boulons.
C’est étrange, cette multitude en moi. Je ne suis pas plus ni mieux qu’avant. Mais il y a cette vie qui grouille en moi. Cette multitude qui m’emplit de quelque chose là où il n’y avait rien.
Mais c’est tellement vain ! En fait, non. Ce n’est pas vain. C’est une drogue. Cela fait un bien infini sur un temps beaucoup trop court. Il faut y aller très souvent maintenant. Je vais être bientôt forcé de partir à la chasse au caddy tous les jours ! Mon appartement et mon estomac ne sont pas assez grands. L’effet bénéfique de ces sorties, puis de ces orgies, est devenu ridiculement court. Je dévore, je tombe comme une masse, et au réveil, la pulsion est déjà presque revenue. Je ne peux plus être confronté à la fin de quelque chose. On me reprend toujours tout ce que j’ai. Il suffit que je trouve un truc qui m’empêche de souffrir, pour qu’il me soit ôté aussitôt.
Mon habitation ne ressemble plus à rien. J’entasse, j’empile, j’amoncelle et j’accumule. Des châteaux de boîtes de conserve, des montagnes de pâtes, riz, semoule, un fatras invraisemblable et composite étalé dans toutes les pièces. Je ne mange plus que des produits frais, car mon frigo est au bord de la crise de nerf. Je vais devoir en acheter un autre, plus grand. J’ai la chiasse à force de bouffer des concombres. Je ne peux pas jeter, c’est trop insupportable. Je veux vivre tout de ces gens. Je veux sucer leur sang jusqu’à la dernière goutte. Livrez-moi votre recette ! Donnez-moi votre vie, je n’y arrive pas tout seul. Mais qu’attendez-vous ? Pourquoi me laissez-vous sur le bord de la route, si seul, si impuissant ? Où est mon erreur ? D’où vient mon incapacité à rouler tout droit, comme les autres ? Cela a l’air si facile d’être normal ! Une évidence, pour tous sauf pour moi. Où est le dictionnaire qui me permettra de décrypter le langage du monde ?
Allez-vous faire foutre ! Je trouverai sans vous, dussé-je voler mille chariots, dussé-je avaler dix concombres d’affilée. Je n’ai pas besoin de vous. Cela fait longtemps que je vous observe. Rien ne m’a échappé. Il suffit de faire les bons recoupements, de procéder avec méthode. Devenu détective, je reprends mes investigations gastriques. La vérité se trouverait elle dans ce beau poireau, là ? Dans cette aubergine si luisante ? Dans ce yaourt à la fraise ? Ne baissons pas les bras et mangeons !
Poussé par ma colère, je décide de faire une dernière sortie. Qu’elle soit la plus flamboyante possible ! Je veux voler un dernier caddy. Ce sera le plus beau, le plus exceptionnel des caddys. Ce sera le caddy d’un ange, le caddy du destin.
Je prends le volant. Il faut que j’aille dans un monstre géant, dans un magasin à trois étages, aux centaines de rayons, dans un temple de la consommation. Un lieu de culte du Dieu consumériste. Cela sonne bien ! Il faut qu’il y ait du monde, que cela soit bondé ! Et là je fermerai les yeux, je me laisserai guider, il se passera quelque chose, l’événement tant attendu se produira.
J’entre dans ce lieu magique. À l’approche des fêtes Pascales, l’établissement a enfilé son habit de fête et de lumière. Des lapins, des poules et des cloches. Les trois grandes catégories d’humains enfin réunies en symbole ! La véritable trinité ! Allons assister à la mort et à la résurrection ! Je n’aurais pas pu mieux tomber.
Je vaque un long moment dans l’immensité. Ce magasin semble sans limites. Combien de marchandises ? Combien de tonnes de plastique, de carton, de ferraille, de matières organiques et inorganiques ? Combien de litres de liquides délébiles et indélébiles ? Combien de lipides, protides et glucides ? Combien de sels minéraux et de vitamines (en % AJR) ? Combien de fois pourrait-on faire le tour de la terre en mettant bout-à-bout tous ces spaghettis ?
Des télés géantes, des machines à laver, des livres de gares, d’autres livres, des petites culottes, des enjoliveurs… D’où viennent tant de profusion, tant de lumières, tant de couleurs ? Serait-ce l’Eden ? C’est sûrement le souvenir de nos paradis perdus qui nous ont inspiré ces lieux… Avec le rappel du prix à payer pour tout ce qu’on cueille. Quoi qu’il en soit, le grand hyper est un endroit beaucoup plus spirituel qu’on ne le pense. Toutes nos icônes sont représentées, mises en scène, exploitées, détournées. Nous sommes bien chez les marchands du temple. Ils nous vendent du rêve de pacotille et nous en faisons une religion.
Il m’apparaît entre le rayon conserve et le rayon épicerie. Une évidence ! Comme auréolé de lumière ! Il est plein à raz bord. Une certaine harmonie se dégage de sa forme, de l’ordre dans lequel s’entassent en son sein ses denrées. Un caddy parfait. Une idée de caddy. Un archétype. Il n’existe pas de caddy plus proche de l’image mentale que l’on peut s’en faire. Et Dieu sait à quel point il s’agit d’un objet ballot et sans grâce. Un objet vulgaire, qui apparaît ici dans toute sa vérité nue, presque beau.
Ce ne peut être que celui-là. Il me tend les bras, m’attire comme un aimant. Je ne vois plus que lui, au milieu de l’allée. Je m’avance, fasciné. Le monde n’existe plus. Il n’y a plus que moi et ce caddy, sous les projecteurs. Peu importe le risque, peu importe que je sois pris sur le fait. Il me le faut et je l’aurai quoiqu’il m’en coûte. Je me vois déjà vider les sacs en plastique avec frénésie. Quelle joie !
À l’instant où je pose ma main sur la poignée, une voix retentit derrière moi, impérative. Je fais semblant de ne pas l’entendre, j’attrape fermement l’engin et je commence à m’en aller. La voix retentit à nouveau, alors j’accélère le pas. Je me prends un coup de sac à main sur la tête au moment où je m’apprête à prendre un virage serré pour semer mon poursuivant. Je m’effondre sur le sol, à moitié sonné, et surtout anéanti de n’avoir pas réussi mon coup, d’avoir été aussi amateur, aussi mauvais. Je n’ai pris aucune précaution, absorbé par ma révélation à la noix.
Toujours cette voix, qui me demande si je vais bien. J’ouvre les yeux sur le visage de mon agresseur. Et là, soudain, je comprends tout. La vérité me traverse de part en part comme un torrent furieux. Comment n’y ai-je plus pensé ? J’ai occulté le sens caché de la vie et le voilà qui me revient en pleine face et me rappelle à quel point je suis idiot.
C’est elle. Mon ange. Mon infirmière. Mon boulet sur pattes. Encore une fois sur mon chemin. J’ai voulu esquiver, la dernière fois. J’ai essayé de ne rien voir. J’ai misérablement fuit mon destin. J’aurais pu tout faire foirer. Je crois avoir été trop déçu de son apparence. Je ne voulais pas simplement d’une destinée, mais d’une destinée avec un peu de classe, un peu de prestance. Ma vanité sans borne a failli me plonger droit en enfer. N’est-ce pas cela l’enfer ? Passer à côté de sa soi-même ?
Et puis, je ne voulais pas vraiment y croire. Je voulais éprouver le destin, savoir s’il allait vraiment me chercher. Voilà qui est fait, j’en ai la preuve. Je la regarde avec intensité. Je vois dans son regard qu’elle m’a reconnu. Elle bafouille, elle s’excuse. Je décide d’être gentil et attentionné. Non, ce n’est pas grave. C’est moi qui suis en faute. J’ai vraiment cru que ce chariot était à moi. Nous nous mettons à l’écart, pour voir s’il n’y a pas de bobo. L’infirmière prend le dessus et elle ne peut pas s’empêcher de m’examiner le crâne. Je lui demande si elle accepterait que je l’invite à dîner pour me faire pardonner ma regrettable erreur. Je vois qu’elle hésite. Elle est tentée, mais trouve ça un peu rapide. En même temps, elle est en manque, c’est marqué en toutes lettres sur son front. À déjeuner alors. Nous nous échangeons nos coordonnées. Le lendemain midi, à la cafétéria de ce même supermarché ? Pas très glamour, mais c’est d’accord. Il faut bien commencer quelque part, après tout. Elle est prudente, la bougresse. Et puis elle s’en va, après avoir rougi tout ce qu’il fallait.
Je suis interloqué. Ce caddy était vraiment le bon. Ce qui doit être sera. J’ai eu mon signe, tout va bien maintenant, là. La providence a été généreuse et indulgente avec l’incrédule que je suis. Ah, que cela va être bon ! Je le sens, je le sais. Rien n’est meilleur que cette certitude sans réserve. Je suis dans le vrai, je vogue sur les bons courants. Je serai bientôt à bon port ! La route a été longue, mais elle a finalement abouti quelque part, là où il fallait.
Je rentre chez moi, léger comme l’air. Jamais je n’ai été si léger. Aussi loin que je me souvienne, ma vie a toujours été grave, triste et pesante. Et voilà qu’au fond du trou, dans ma décadence finale, je tombe sur ce sentiment inconnu. Peut-être enfant, dans la cour de récré ? C’est loin d’être sûr. Je suis né malheureux. Mais c’est parce que je ne savais pas. J’étais dans l’ignorance de ce que j’étais, dans un déni total de moi-même. Et tout ça est fini. Je ne suis plus dans l’erreur, dans la faute. L’absolution est toute proche.
Je me présente à mon rendez-vous une demi-heure à l’avance. Je suis allé chez le coiffeur, ce qui ne m’était pas arrivé depuis l’âge de dix ans. Ce fût un véritable supplice, mais je l’ai supporté dignement. J’ai enfilé une chemise propre et bien repassée. Je me suis rasé de près. J’ai ciré mes chaussures. C’est important, je ne dois pas laisser passer ma chance. Elle ne se représentera pas une nouvelle fois. Je m’agite sur ma chaise en l’attendant. Je me maudis d’être venu autant à l’avance. Je commence à transpirer de nervosité. C’est une catastrophe, je n’y arriverai pas.
Et puis je l’aperçois. Elle n’a pas l’air rassuré. Et surtout, quelle gaucherie ! Quelle maladresse ! Elle a enfilé un tailleur qui ne lui va pas du tout. Bon, cela me donne des forces, de la mépriser un peu. Je pense arriver à quelque chose. Elle m’a aperçu et je lui fais un signe amical. Elle se dirige vers ma table en bousculant au passage une chaise et une petite vieille. Elle s’assied en face de moi.
Je la regarde. Elle n’est pas laide, vraiment. C’est juste ce manque de grâce qu’elle paraît avoir cultivé au dernier degré. Allez, un petit sourire, pour la mettre en confiance. Nous commençons par les platitudes habituelles. Elle me trouve bien meilleure mine qu’à l’hôpital. Tiens donc ?! Et puis sacrément remplumé aussi. Je lui pose des questions sur elle, sur sa vie, ses goûts. Apparemment rien de très excitant. Elle aime la télévision, les films d’horreur, les reality-shows et les émissions de variété, la chanson pop, le canard plus que la dinde (normal, ce serait un peu du cannibalisme), le dessert plus que le fromage. Elle cause inlassablement, encore et encore. Cette personne doit être encore plus seule que moi, pour s’étaler ainsi devant un inconnu. On dirait que je suis sa meilleure copine !
Je m’efforce d’être le plus évasif possible lorsqu’elle me pose des questions. J’invente au fur et à mesure. Après avoir ingurgité tout ce monde, je dispose d’une certaine matière. Cependant, elle n’a pas l’air de s’intéresser beaucoup à moi, et cela m’arrange bien. Elle a tellement besoin de s’épancher sans retenue ! Ma conversation se résume globalement à quelques sourires bienveillants. Que le temps est long, sous cette avalanche verbeuse ! Mais je prends mon mal en patience. C’est une épreuve qu’il me faut traverser avec dignité.
Il est l’heure de se quitter. Ma nouvelle amie paraît enchantée. Elle a le rose aux joues et semble toute excitée. C’est vraiment pathétique. Si heureuse de croire que quelqu’un, sur terre, s’intéresse à elle ! La capture, la manipulation d’une âme comme celle-là est d’une redoutable facilité. La parfaite cliente des sectes ! Limite à croire que le monde a vraiment été créé en sept jours d’un coup de baguette magique. Enfin, pour une fois que quelque chose m’est simple, il ne serait pas de bon ton de se plaindre. Cela vaut bien une blessure d’orgueil.
Cette fois, nous avons pris rendez-vous le lendemain soir, à dîner. Le moment fatidique, l’aboutissement de ma longue carrière d’abruti est imminent. Je rentre chez moi, tranquillement. Je suis si calme. La certitude est la condition impérative de toute forme de sérénité. Et là, revenant de ce déjeuner pitoyable avec cette dinde, le dessein m’apparaît clairement. Je n’ai plus rien à décider, plus rien à penser.
Je ne pense même plus à voler des caddys. À l’heure du jugement, de mon jugement, cela devient totalement inutile. Je n’ai plus besoin de me nourrir de l’autre, car je dois me dépouiller de tout ce qui n’est pas moi. Seul, je dois comparaître. Seul, je dois accomplir mon destin. C’est l’unique voie qui m’est offerte et je la prendrai. Peu importe les conséquences. Peu importe la vie ou la mort, le plaisir ou la souffrance. Je suis au-delà de toute forme de morale, car j’ai un but, j’ai un sens. Le seul mal serait de ne pas accepter ce sens. Ou même pire, d’aller à son encontre. Pêché suprême. Ultime forfanterie. Maintenant, je ne suis plus que l’outil d’une puissance qui me dépasse. Je m’endors comme un enfant.
Nous dînons dans un vrai restaurant cette fois-ci. Pas des plus raffinés, mais au cadre un peu moins impersonnel. Ce soir, mon gaillard, il va falloir conclure. Elle est arrivée avant moi. On dirait une adolescente à son premier rendez-vous. Elle a des chaussures toutes neuves. Elle est presque touchante. Oui, je peux dire que je suis presque ému. Je lui décoche un sourire d’amoureux un peu timide. Elle a besoin d’un brave type, alors donnons-le-lui ! Ne soyons pas mesquins.
Puisque j’ai vraiment du mal à contenir mon ennui et mon impatience d’en finir. Je lui propose de partir à peine le repas terminé, évoquant une irrésistible envie de la prendre. Elle ne résiste que quelques secondes, n’en pouvant visiblement plus. Il lui faut du sexe de toute urgence. C’est une vraie cocotte-minute ! Je vais régler l’addition en vitesse et nous filons sans délai.
Je décide de l’emmener dans mon appartement. Il faut que je la voie dans ce cadre. Il en ressortira peut-être d’autres précisions. Nous nous jetons l’un sur l’autre à peine rentrés. Nous nous frottons l’un sur l’autre comme des animaux. La nuit promet d’être brûlante. Je ne l’imaginais pas si… chienne. Elle paraissait si gauche, et la voilà si audacieuse. Elle m’attrape le sexe comme s’il s’agissait d’une sucette. Si gourmande ! Incroyable.
La symphonie des corps n’en est qu’au prélude. Elle m’arrache à moitié les vêtements pour se fourrer ma bite dans sa bouche grande ouverte. Elle astique et mastique, fait briller de sa salive mon engin désormais lustré, elle enroule sa langue autour de mon gland tendu. Une fellation élevée au rang d’œuvre d’art. Sans plus attendre, je me mets en position de lui faire subir le même traitement, et nous embrayons sur un tête-bêche endiablé. J’avais oublié le goût suave et amer de la chatte. Elle se cambre et redouble d’effort. Je me surprends à sincèrement aimer ça. Comme c’est curieux. Je jouis dans sa gorge dilatée de plaisir.
Nous continuons à baiser comme des fous pendant des heures. Nous essayons tout ce qui nous traverse l’esprit. Jamais je n’ai connu de nuit plus déchaînée. Elle était vierge avant ce soir-là. Et on dirait une authentique traînée. À croire que l’expérience ne sert à rien en ce domaine. Je la soupçonne quand même d’avoir maté un sacré nombre de films de cul pour en arriver à ça. Elle n’a aucun tabou, aucune limite. J’ai l’impression de pouvoir tout faire de son corps offert. Je regrette presque de n’avoir pas prévu quelques accessoires. Nous finissons effondrés l’un sur l’autre, l’un dans l’autre, sans aucune pudeur ni dégoût.
Nous sommes réveillés par le soleil qui entre dans la pièce. Elle me sourit. Elle paraît comblée. Ses joues sont roses. Je lui souris à mon tour. C’est une belle journée qui commence. Nous nous douchons ensemble et nous baisons à nouveau. Son appétit semble insatiable. Il est inutile de nous habiller. Nos corps s’enlacent et se percutent. Nos doigts et nos bouches explorent sans fin la chair offerte. Quelle puissance dans ces étreintes ! Quelle force vitale incroyable ! Et moi qui faisais le fier avec mes caddys ! Devant moi se trouve la source à laquelle je peux m’abreuver à satiété. L’inépuisable richesse se trouve étalée à mes pieds. J’y trouverai l’énergie pour accomplir ce qui doit être accompli.
Je lui propose une balade. Nous avons tous deux besoin d’une pause et elle accepte avec joie. Une midinette. Nous sortons dans la tiédeur de l’air printanier. Les arbres sont en fleur et ça sent l’herbe fraîchement coupée. Les choses semblent si simples. Je l’emmènerai dans cette petite boutique de tatouage, elle n’est pas si loin. Je suis sûr qu’elle aime les roses. Et puis, enfin, nous pourrons rentrer.
3 commentaires:
Mince alors !
Comment ai-je pu passer à côté de ce blog ?
Fallait-il que je sois aveugle...
La baignoire.
Que j'ai dans ma babelothèque !
Ouiiii, en vrai livre, et qui le vaut vraiment vraiment bien.
Un sacré roman, d'un sacré auteur.
Je persiste et je signe depuis que je le connais, c'est dire.
Comme d'hab, tu tires le premier g@rp... Pour un escargot, tu dégaines à la vitesse de la lumière !
J'ai pas grand mérite. C'est le logo de HANTE, hier, sur un de tes commentaires, qui a attiré mon zoeil. Suis allé voir ton profil, et là...
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